Dans le cadre de mon travail, j’ai constaté combien la solitude était un fléau que connaît un grand nombre de personnes âgées. Mais comme bien des enjeux sociaux, la solitude est observée que lorsque nous prenons la peine de s’attarder à ses véritables impacts.

Il est vrai que nous avons tous développé une relation sommes toutes subjectives avec la solitude.  Au fil de nos vies, nous avons ainsi appris à la détester ou à l’apprivoiser sans en prendre véritablement conscience que lorsque tout à coup elle nous était enlevée ou au contraire imposée.

Aujourd’hui nous sommes confrontés à une nouvelle situation au sein de notre société : à savoir, le grand isolement d’individus, tous âges confondus, en raison de la pandémie du Coronavirus! Non seulement nous sommes en mesure de le constater l’impact de la solitude autour de nous, mais nous devons en plus en faire volontairement l’expérience.

Si depuis moins d’un mois, combattre la solitude représente pour nous un défi rocambolesque, chez les personnes âgées il ne s’agit pas seulement d’un sentiment d’isolement passager.  Il s’y ajoute de surcroît cette douloureuse impression de ne plus compter pour personne.

La solitude et l’isolement  constituent les premières causes de dépression chez les personnes vieillissantes. Ceux-ci peuvent générer de réelles souffrances et de profonds sentiments de découragement et de tristesse. La solitude se différencie de l’isolement qui peut être choisi par la personne. Vivre seul peut correspondre à un choix de vie. La solitude peut également être un gage de liberté.

Qu’en est-il lorsque pour différentes raisons les personnes âgées sont contraintes d’être hébergées en CHSLD ? La vie en communauté n’est pas nécessairement l’apanage de tous. Et cette nouvelle réalité, cette soumission involontaire les bouleversent. De plus en raison de la pandémie actuelle, il leur est désormais impossible de recevoir la visite de leur proche ?  Dans le contexte actuel, comment donner un sens à une journée calquée trait sur traits sur celle de la veille et celle du lendemain ?

Cela me fait réfléchir!  Je souhaiterais pouvoir vieillir et mourir chez moi dans ma maison, avec mes proches et mes souvenirs. Mais qui pourra prendre soin de moi ?

Je ne sais pas comment où et quand je vais mourir, mais je sais comment je veux être traité. Ah oui, ça, je le sais !  Être traitée avec amour, ce qui veut dire pour moi ; le regard, le toucher et de belles paroles, avec bientraitance et dignité dans le respect de mes capacités et mes valeurs.

Si toutefois, je devais terminer mes jours en CHSLD voici mes désirs :

  • Je serai contente de recevoir votre visite, alors je saurai que je suis importante pour vous;
  • J’aime le plein – air, s.v.p. amener moi dehors en promenade près d’un arbre, une source d’eau, au soleil, sentir le vent;
  • Selon ma capacité, faire des activités;
  • Je souhaite manger des repas que j’aime et qui ont de la saveur;
  • Porter une attention à ma peau, bien l’hydrater;
  • Avoir de beaux vêtements propres et sentir bon;
  • Écouter la musique, chanter;
  • Me bercer sur chaise berçante, car cela apporte un réconfort;
  • S’il n’y a plus de communication possible, j’apprécierais une présence, juste tenir la main ! Se bercer et regarder les oiseaux ensemble…me sentir en sécurité et encore un humain.

Naturellement, le vieillissement isole !

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Manon Savoie

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