Il y a quelques semaines, des informations ont circulé selon lesquelles le pont Samuel-De Champlain pourrait être ouvert à la circulation le 3 juin en direction de Montréal et deux semaines plus tard en direction de la Rive-Sud.

Mais l’asphaltage et l’imperméabilisation du pont, entre autres, ne seront certainement pas terminés pour ces dates, ont indiqué plusieurs sources à Radio-Canada. L’intervalle de deux semaines entre l’ouverture de l’accès vers Montréal et celui vers la Rive-Sud devrait être maintenu, mais le tout sera décalé.

Le consortium Signature sur le Saint-Laurent, qui est responsable du chantier, s’expose à des pénalités qui pourraient atteindre 150 millions de dollars. Nos sources indiquent que des négociations sont en cours au sujet de ces pénalités.

Le pont devait au départ être terminé en décembre 2018, mais on a appris en octobre dernier que l’inauguration serait reportée en juin 2019.

Le démantèlement du vieux pont retardé

Ce nouveau retard aura une incidence sur la déconstruction du vieux pont Champlain, qui s’amorcera en 2020, a annoncé mercredi la société Les ponts Jacques-Cartier et Champlain Incorporée (PJCCI) qui présentait son programme de travaux routiers pour les prochains mois.

Le démantèlement du pont de 3,4 km de longueur sera réalisé selon une approche de développement durable. PJCCI, la société d’État qui gère les ponts Jacques-Cartier et Champlain, insiste d’ailleurs pour parler de « déconstruction » et non de démolition.

PJCCI prévoit que ces travaux généreront 250 000 tonnes de béton, 25 000 tonnes d’acier et 12 000 tonnes d’asphalte, qui devraient être recyclés à 80 %.

La déconstruction devrait durer deux à trois ans et coûter 400 millions de dollars.

Entre-temps, le vieux pont Champlain sera mis hors service peu après que le pont Samuel-De Champlain aura été ouvert à la circulation.

L’option de conserver l’ancien pont pour en faire une promenade ou un parc a été écartée par PJCCI, entre autres parce qu’il serait difficile d’y maintenir des accès parallèlement à ceux du nouveau pont.

Une fois le vieux pont disparu du paysage, quelque 7 hectares de berges, sur la rive nord et sur la rive sud, de même que l’estacade du pont Champlain et la digue de la voie maritime du Saint-Laurent seront réaménagées. Certains éléments du pont pourraient être conservés afin de garder une trace de cet élément de l’histoire de Montréal.

PJCCI tiendra une série d’activités de consultation publique sur ces projets.

Carte indiquant les quatre secteurs à aménager.
Le secteur à réaménager comprend trois parcelles d’une superficie totale de 7 hectares, en plus de l’estacade du pont Champlain. 1 : berge de Montréal; 2 : estacade du pont Champlain; 3 : digue de la voie maritime du Saint-Laurent; 4 : berge de Brossard. Photo : PJCCI

Entraves en vue pendant l’été

Par ailleurs, de fréquentes entraves routières sont à prévoir pendant l’été en raison de travaux prévus sur les ponts Jacques-Cartier et Honoré-Mercier, sur l’autoroute Bonaventure, ainsi que dans le tunnel de Melocheville à Beauharnois.

Sur le pont Jacques-Cartier, les travaux de renforcement de la charpente métallique, amorcés en 2014, se poursuivront. De plus, la structure d’acier entre le fleuve et le tablier sera repeinte, la chaussée du pont et de ses approches sera planée et asphaltée, et des piles seront remises à neuf.

Sur le pont Honoré-Mercier, la structure d’acier sera repeinte et le travail de renforcement des piles se poursuivra.

Sur l’autoroute Bonaventure, il y aura entre autres des travaux de planage et d’asphaltage sur certaines bretelles.

Avec la collaboration de Jean-Sébastien Cloutier