Le temps et la santé sont deux richesses que l’on considère rarement avant de les avoir perdus !

                                                                                                                                                                               Dc Myron Wentz

Le temps est notre bien le plus précieux, car il demeure impossible de retourner dans le passé pour le rattraper.  Le temps semble faire passer nos vies à une vitesse folle. Lorsqu’arrive le vendredi soir, nous nous rendons compte qu’une autre semaine vient de passer. Durant le temps des fêtes, même chose; nous constatons  qu’une année vient de passer, trop vite! Nous nous levons un matin et réalisons que notre corps nous démontre déjà des signes d’usures.

Beaucoup de gens ne prêtent ainsi pas attention à la direction qu’ils empruntent sur la route de la vie.  Avec tous les tracas et les soucis de leur quotidien, ils ne s’attardent pas à réfléchir à leurs objectifs ou bien à le faire le bilan de leurs vies.  Puis, sans crier gare, ils atteignent « l’âge mûr ».  C’est hélas souvent à ce moment que la maladie vient les confronter.  Bien que la retraite vienne naturellement créer une grande ouverture à la réflexion existentielle, c’est toutefois les limites imposées par la maladie qui viennent fortement chambouler les habitudes de vie.  Les contraintes physiques et/ou mentales  nous forcent ainsi à revenir à une plus saine gestion de nos priorités.

Les familles qui accompagnent un proche dans la maladie découvrent aussi souvent l’importance de vivre le moment présent lorsqu’ils sont confrontés à la souffrance de ceux qu’ils aiment. Réapprendre à être présents et en pleine conscience auprès des siens devient un véritable défi, car nous passons la plupart de notre temps déconnecté dans nos relations interpersonnelles. 

La présence constante du cellulaire par exemple procure aux gens un flot incessant d’images et de textes intéressants à consulter qui en viennent à rivaliser avec la stimulation des compagnons réels et surtout humains.  Dans le cadre de mon travail, ces moments où l’on est pleinement présent, réceptif et totalement vivant  sont nombreux et gratifiants!

Je pense à cette dame qui était affligée d’une sclérose latérale amyotrophie. Elle avait accueilli avec héroïsme le diagnostic fatal de la SLA, lui prédisant pas plus de 3 ans à vivre.  Je me questionnais face à cette mystérieuse sérénité qu’il y avait soudainement en elle !  Progressivement, les symptômes de la maladie l’ont, bien malgré elle, forcé à s’adapter et changer sa façon vivre. Elle n’avait plus que ses yeux pour nous parler et nous regarder avec amour. Même si la maladie lui avait fait perdre toutes ses capacités, toutes ses émotions nous étaient partagées par son regard.

 Je pense aussi à cette dame connue pour sa générosité et sa bonté.  Tous ses souvenirs ont été volés pas la maladie d’Alzheimer. S’exprimer avec des mots devenait de plus en plus difficile. Avant son mariage jouait de l’accordéon et de l’harmonica à l’oreille, il n’ y avait de cours dans ce temps-là! Elle aimait la danse et la musique. Elle chérissait la lecture et était aussi grande admiratrice des Canadiens de Montréal.  Aller à la pêche faisait partie de ses moments de répit. Elle a passé sa vie à dissimuler ses plus grands rêves pour se dévouer, prendre soin de ses frères, de ses six enfants et de ses 13 petits-enfants. Elle préparait de merveilleux repas et  desserts dont les invités raffolaient.

Ces personnes laissent un souvenir aussi précieux qu’impérissable de leur passage sur terre et me rappellent tous les jours que la vie que nous tenons pour acquis est si fragile.

Manon Savoie

http://www.serviceshuma.com