Choisir son logement sans le visiter

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Compte tenu du confinement, Patrizio Fortino a loué son prochain appartement en le visitant uniquement virtuellement.

Patrizio Fortino emménagera en septembre dans un logement qu’il n’a jamais visité, dans un immeuble où il n’a jamais mis les pieds. Confinement oblige, il a effectué toutes ses démarches à distance. Il est sûr d’avoir fait un choix judicieux.

Danielle BonneauDANIELLE BONNEAU
LA PRESSE

« J’avais vendu mon condo à L’Île-des-Sœurs dans l’intention de louer un appartement, explique-t-il. J’ai regardé du côté des immeubles existants, mais j’ai réalisé qu’un projet locatif neuf me convient mieux. »

« J’ai fait beaucoup de recherches en ligne et la qualité de vie offerte au complexe Humaniti est venue me rejoindre, précise-t-il. J’ai une bonne idée du quartier où il se trouve, puisque je travaille au centre-ville. J’ai pu explorer virtuellement le projet, avec des vidéos, et voir des plans d’appartements disponibles à chaque étage. Le concept de communauté verticale, avec un hôtel, des restaurants, des espaces de bureaux collaboratifs, des logements locatifs et des condos est très bien expliqué. C’était facile d’explorer et de savoir à quoi ressembleront les unités et les espaces communs, une fois complétés. L’agente de location était toujours disponible pour répondre à mes questions. Ce n’est pas comme être face à face, mais cela a très bien fonctionné. »

Faire des ventes à distance n’est pas nouveau, fait remarquer Tina Dostie, vice-présidente, ventes et marketing, chez DevMcGill, qui pilote entre autres le chantier du complexe Humaniti. « Cette façon de faire est appliquée chez nous depuis déjà un moment, que ce soit avec les investisseurs ou les étudiants universitaires d’autres régions, précise-t-elle. Mais pour le client de Montréal qui achète ou loue dans la région de Montréal, c’est nouveau et nous sommes prêts. »

PHOTO CATHERINE TREMBLAY FOURNIE PAR SMARTPIXEL

Alexandre Lacoursière, un des quatre associés chez SmartPixel et sa conjointe Catherine Tremblay démontrent l’efficacité des outils virtuels dorénavant à la portée des consommateurs pour les aider à louer ou acheter un appartement à distance.

La fermeture des bureaux des ventes et de location a entraîné un changement rapide des façons de faire. Alors qu’il fallait auparavant se déplacer pour mieux comprendre les subtilités d’un projet, promoteurs et constructeurs cherchent activement à bonifier leur présentation à distance. Ceux qui avaient déjà recours à de la technologie virtuelle ou interactive, pour fournir une expérience immersive dans leurs bureaux, veulent aller encore plus loin, en ligne.

« La concurrence est vive, explique Alexandre Lacoursière, cofondateur et vice-président, développement des affaires, de l’agence de création SmartPixel, qui met à profit la technologie utilisée dans l’industrie des jeux vidéo. Les caractéristiques qui amènent les gens à choisir un projet immobilier plutôt qu’un autre doivent être mises en évidence de façon moins subtile qu’habituellement.

C’est comme un speed dating. Il y a beaucoup moins de temps pour connaître un projet. Le contenu doit être accessible plus rapidement et être à portée de main. Toute l’information doit être donnée de façon visuelle.

Alexandre Lacoursière, cofondateur et vice-président, développement des affaires, de l’agence de création SmartPixel

PHOTO CATHERINE TREMBLAY FOURNIE PAR SMARTPIXEL

En peu de temps, la technologie virtuelle est devenue une nécessité, constate Alexandre Lacoursière, cofondateur de SmartPixel. Toute l’information doit être donnée de façon visuelle, démontre-t-il.

Au cas où les clients ne connaissent pas le quartier, il faut préciser où se trouvent les épiceries, les parcs, les écoles. Il faut aussi répondre à des questions très précises concernant l’ensoleillement des balcons, la vue, l’aménagement des pièces, etc.

« Les entrepreneurs nous demandent de rassembler le plus d’information possible de façon visuelle pour appuyer leurs propos et sécuriser encore plus les gens », révèle-t-il.

Selon lui, en peu de temps, la technologie virtuelle est devenue une nécessité.

Nouvel outil

PHOTO FOURNIE PAR GROUPE SÉLECTION

À la mi-avril, une nouvelle application créée par l’entreprise Beehivr a été mise au service d’une dizaine de résidences du réseau Sélection Retraite. En cliquant sur un lien, les clients potentiels ont accès à des conseillers par vidéo-conférence, qui les aideront à visualiser les appartements offerts, ainsi que le complexe et les espaces communs.

Groupe Sélection ne croyait pas lancer si tôt son nouvel outil, qui vise à faciliter la location d’appartements à distance. La présente crise lui a forcé la main. À la mi-avril, une nouvelle application créée par l’entreprise Beehivr a été mise au service d’une dizaine de résidences pour personnes retraitées.

« On n’a pas le choix de revoir nos façons de faire, indique Audrey Anne Bouclin, directrice principale, innovation, chez Groupe Sélection. Le nouvel outil est très simple à utiliser. En cliquant sur un lien, les gens ont accès à des conseillers par vidéoconférence, qui les aideront à bien visualiser le complexe et les espaces communs. Ceux-ci enverront aux clients et aux membres de leur famille un résumé de leurs échanges avec des images. C’est un test en vue de l’étendre dans l’ensemble de nos complexes Sélection Retraite et le reste de nos établissements. »

En ce qui concerne les autres marques du Groupe Sélection (Yimby, Rez, Fridöm), destinées à diverses clientèles, le travail s’est intensifié avec les agences de création SmartPixel et Graph Synergie pour mettre au point différents outils visuels de marketing.

La crise actuelle nous oblige à nous réinventer.

Audrey Anne Bouclin, directrice principale, innovation, chez Groupe Sélection

PHOTO FOURNIE PAR GROUPE SÉLECTION

Après la rencontre par vidéo-conférence, le conseiller du réseau Sélection Retraite envoie au client potentiel et aux membres de sa famille un résumé de leur échange avec des images.

Elle est loin d’être la seule à chercher à moderniser son approche. Jacques Beaulieu, qui a fondé il y a plus de 20 ans les Week-ends visites libres, le constate. La populaire campagne promotionnelle ayant été annulée ce printemps, il a lancé l’idée à des entrepreneurs d’ajouter un volet virtuel à la prochaine édition, à l’automne. Il s’est fait jouer un tour. Enthousiastes, plusieurs lui ont demandé de passer à l’action sans attendre. Résultat : une édition spéciale des Visites libres pourrait avoir lieu du 15 au 31 mai. Les participants proposeraient alors une visite virtuelle de leurs projets, ainsi que la possibilité d’entrer en contact avec des représentants par vidéoconférence.

« Je sens de l’enthousiasme, indique le promoteur. Même les petites entreprises peuvent accéder à une technologie assez simple. Dans le pire des cas, on fera un test et on raffinera à l’automne. L’idée est de changer notre manière de faire. On ne peut pas le faire autrement qu’en avançant. »

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